
Le personnage principal de l’œuvre commence sa vie à Kouroussa, une petite ville de Guinée- Conakry où il partage la case de sa mère. La concession de son père, dans laquelle il vit, fourmille d’activités diverses ; le petit Camara est donc très tôt en contact avec la vie de la petite communauté à laquelle il appartient. Fils du forgeron le plus réputé de la ville, il est baigné dans un univers un peu mystique et il apprend très tôt que les objets, les animaux, les personnes ne sont pas toujours ce qu’ils ont l’air d’être.
Dès ses premières années, il apprend par exemple à reconnaître le serpent noir qui représente le totem de son père et à ne pas s’étonner que sa mère puisse d’une simple injonction rendre docile un cheval récalcitrant.
Il passe aussi beaucoup de temps à Tindican, le village de sa mère, où il retrouve sa grand-mère, ses oncles et aussi ses petits camarades de jeux pour lesquels il est déjà un peu « le garçon de la ville ».
A l’école, comme beaucoup de ses camarades, il subit les brimades des élèves de la « grande classe », ceux qui doivent passer le certificat d’études, jusqu’au jour où son père décide d’intervenir. Quelques temps après cette intervention, le directeur de l’école, jugé trop laxiste par les parents d’élèves, est renvoyé et remplacé. Camara poursuit alors une scolarité sans histoire et passe sans problème ni surprise son certificat d’études.
Comme beaucoup d’enfants africains, Camara passe par l’inévitable épreuve d’initiation, qui est dans sa coutume divisée en deux étapes ; il entre dans l’ « association des non-initiés », qui rassemble les adolescents incirconcis âgés de douze à quatorze ans.
Quelques temps plus tard, Camara doit subir l’épreuve de la circoncision. Il s’attarde beaucoup sur cette dernière, qui représente de manière significative aux yeux de la tradition la « naissance à la vie d’homme ». Camara raconte la semaine qui précède sa circoncision, mettant beaucoup l’accent sur les diverses danses et l’esprit de fête qui entourent cet événement, ainsi que sur la nervosité croissante des futurs circoncis.
Le jeune garçon commence à saisir sa nouvelle condition d’homme lorsque, en rentrant après la période de convalescence consécutive à sa circoncision, il découvre sa case à lui, désormais séparée de celle de sa mère, bien que proche de celle-ci. Camara éprouve alors une satisfaction teintée de tristesse ; satisfaction d’être un homme, d’avoir « l’âge de raison ». Mais tristesse d’être un homme, de s’éloigner de façon inéluctable de sa mère, de la simplicité de son enfance.
A quinze ans, Camara quitte sa famille pour Conakry, la capitale, où il doit suivre un enseignement technique à l’école Georges Poiret. Il est accueilli de façon chaleureuse par le frère de son père qui, avec ses femmes et ses enfants, lui donne un nouveau foyer dans lequel il se sent
« L’enfant noir » a été traduit en plusieurs langues